
Mise en œuvre pratique
L'organisation pratique du don d'organes après euthanasie : qui fait quoi, quelle préparation est nécessaire et ce qui se passe le jour même — y compris les différences avec la procédure belge.
Tous les sujets pour les professionnels
Répartition des rôles : médecin exécutant et ODC
- Le médecin exécutant est responsable de l'euthanasie, de son évaluation et de la communication avec le patient ; le parcours de don ne lui ajoute aucune tâche supplémentaire.
- Le coordinateur de don d'organes (ODC) prend en charge la logistique du don : le bilan préalable, la planification du bloc, la coordination avec Eurotransplant et l'accompagnement du patient et de ses proches autour du don.
- Ainsi, le médecin exécutant peut se concentrer sur son propre rôle dans l'euthanasie, sachant que le don est géré sur le plan médical et logistique par l'ODC et l'équipe de don.
- Pour concertation et inscription : la NTS est joignable les jours ouvrables de 9h à 17h au +31 71 579 57 77 ; les médecins peuvent joindre le Centre des organes 24h/24 au +31 71 579 57 95.
Bilan et logistique
- En tant que médecin exécutant, contactez le coordinateur de don d'organes de votre région via la Fondation néerlandaise pour la transplantation une fois la procédure SCEN terminée.
- Planifiez les prises de sang, la virologie, le typage HLA et l'imagerie bien avant la date prévue.
- Réservez une capacité opératoire, les équipes de prélèvement et une chambre calme séparée pour le patient et ses proches.
- Établissez un plan écrit avec un calendrier et partagez-le avec toutes les personnes concernées.
Le jour même
- Les tâches décrites ci-dessous sont réalisées par le coordinateur de don d'organes (ODC), en étroite concertation avec le médecin exécutant.
- Offrez aux proches un accompagnement et un interlocuteur fixe.
- Placez de préférence un cathéter artériel, afin de disposer immédiatement d'une mesure continue de la pression et de préparer au mieux l'isolement et la perfusion des organes.
- Respectez la période « no-touch » de cinq minutes après l'arrêt circulatoire.
- Visez une ischémie chaude courte, tout en préservant la dignité des adieux.
- Le médecin exécutant est assisté à chaque étape par le coordinateur de don d'organes et/ou l'intensiviste du don, qui assurent ensemble la logistique et l'encadrement médical autour de la procédure.
- Convenez à l'avance de qui constate le décès et de qui communique.
Prendre soin de l'équipe
- Prévoyez un débriefing avec le personnel du bloc, les infirmiers et les médecins.
- Respectez les objections de conscience ; la participation est volontaire.
- Organisez un suivi et un entretien avec les proches, y compris des résultats anonymisés.
Différences avec la Belgique
- En Belgique, le don d'organes après euthanasie est pratiqué depuis 2005 ; les Pays-Bas ont suivi en 2012. La Belgique a donc plus d'expérience avec cette procédure.
- Aux Pays-Bas, l'euthanasie est déclarée comme décès non naturel au médecin légiste ; le prélèvement ne commence qu'après la mainlevée du procureur. En Belgique, l'euthanasie est déclarée à la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation et cette étape de mainlevée n'existe pas, ce qui simplifie la logistique du prélèvement.
- Des limites d'âge différentes s'appliquent aux mineurs : aux Pays-Bas, l'euthanasie est possible dès 12 ans (avec implication des parents avant 16 ans) ; en Belgique, depuis 2014, aussi pour des mineurs plus jeunes capables de discernement.
- Dans les deux pays, l'initiative et la demande explicite doivent venir du patient lui-même ; un médecin ne peut pas initier un don d'organes après euthanasie.
- Les principes médicaux et logistiques (cathéter artériel, ischémie chaude courte, période no-touch) sont comparables dans les deux pays. Pour la procédure belge, consultez toujours les protocoles de votre propre établissement et l'équipe locale de don.